Chronique par Amélie
Fauve d’or 2025 au Festival international de la BD d’Angoulême, parmi la sélection Télérama des meilleures BD de 2024, et unanimement salué par la presse française comme « un chef-d’œuvre de la bande dessinée »… difficile de passer à côté de Deux filles nues, un roman graphique signé Luz.
Coup de cœur également à la Médiathèque de Lambesc, l’auteur et dessinateur réalise ici bien plus qu’une bande dessinée. On croit entrer dans une enquête historique autour d’un tableau, et l’on est finalement emporté dans une traversée vibrante de l’Histoire avec, comme narrateur inédit, le tableau d’Otto Mueller, Deux filles nues. Comme cette peinture maintes fois accrochée, décrochée et parfois cachée, le lecteur observe le monde se transformer, changer et voit se dessiner sous ses yeux un siècle d’histoire européenne : la montée et la violence du nazisme, les exils forcés, la mémoire des œuvres disparues ou confisquées.
Le graphisme aquarellé, la composition des cadres, les métaphores visuelles et l’humour discret mais reconnaissable de l’artiste renforcent l’humanité et la puissance du récit. On ne lit pas seulement une histoire, on la ressent, jusque dans le silence des cases.
C’est une BD qui touche autant l’esprit que le cœur, et que l’on referme avec l’envie irrépressible de la partager immédiatement.