Ecarlate

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Chronique par Olivier

Roman SF / Fantastique

    

Providence, 1931. Une troupe de théâtre est sauvagement assassinée alors qu'elle travaillait à l'adaptation du roman « La Lettre Écarlate ». Si la piste d'un ancien anarchiste italien semble évidente pour la police locale, l’équipe fédérale de Thomas Jefferson flaire des raisons bien plus obscures. Une ombre plane sur ce meurtre... et sur ceux qui mènent l'enquête.

Dans le contexte d’une Amérique en pleine prohibition, Philippe Auribeau nous plonge d’emblée dans une ambiance sombre, digne d’un vieux film noir. Des meurtres sordides, des suspects lourds de secrets, et une équipe d’investigation aux méthodes peu orthodoxes.

            Ce qui commence comme un polar évolue cependant autour d’un mystère bien singulier. Distillant le fantastique à petites touches. On comprend peu à peu que l’atmosphère oppressante n’a pas grand-chose de naturel : de fausses pistes en secrets longtemps oubliés, Jefferson et son équipe s’embourbent, se corrompent, se perdent…

            Jusqu’à ce que les chasseurs deviennent les proies.

La mise en place est le premier point fort de l’histoire : l’immersion dans cette Amérique d’après la crise de 1929 et des Incorruptibles est prenante.

Loin de la puissance mondiale d’après-guerre, les enquêteurs évoluent dans une société tournée sur elle-même, qui doute et se cherche, entre corruption et grand banditisme. Dans ce contexte plutôt terre-à-terre, le choix d’introduire discrètement des indices sur la nature surnaturelle de l’affaire, permet de garder tout du long une cohérence de ton et au final, renforce la crédibilité des éléments fantastiques.

            Loin des clichés d’horreurs gores, on aime l’esprit du non-dit, qui rend les monstres de Lovecraft bien plus effrayants que ceux de n’importe quel blockbuster hollywoodien.